Vous vous souvenez peut-être que Opera Software, la société qui édite le célèbre navigateur Opera, avait déposé plainte à la commission européenne contre Microsoft il y a quelque temps. Pourquoi ? Parce que, selon eux, Microsoft vendait Windows avec Internet Explorer, et que c’est illégal car cela fausse la concurrence. Même si entre temps, Mozilla et autres ont pris parti derrière la société norvégienne qui vient de fêter les 15 ans de son navigateur, Microsoft avait fait preuve d’un silence éloquent, et demandé deux délais pour rendre ses commentaires, jusqu’au 29 mars (avant-hier), où la firme de Redmond a écrit à la commission européenne pour défendre ses positions. Pour ajouter à ça, elle sera entendue très prochainement oralement.
Ça vous rappelle quelque chose ?
Souvenez-vous, en 2004, Bruxelles avait condamné Microsoft, là encore pour abus de position dominante, sauf que cela concernait Windows Media Player. Les sanctions étaient 467 millions d’euros d’amende et la vente d’une édition de Windows XP N, sans Windows Media Player. Autant la première sanction était un peu exagérée, la deuxième était très insuffisante, les ventes de Windows XP N étaient restées confidentielles, cannibalisées par les ventes du Windows XP « classique ». D’autant que dans Windows Vista, on a retrouvé non sans joie Windows Media Player (et dans Windows 7, ça va être reparti pour un tour).
Une technique différente
Une question se pose alors : Mais que faire pour arrêter l’abus de position dominante ? La technique employée avec Media Player a été un véritable échec. Plusieurs idées sont sur la table. L’idée qui revient le pus souvent est l’intégration native d’autres navigateurs concurrents d’IE dans Windows : les navigateurs devant être pré-installés dans chaque PC seraient soumis à un vote du Parlement européen à chaque nouvelle mouture de Windows. Bonne idée ou pas ? À vous de juger, d’autant que les autres solutions évoquées comme notamment vendre Windows sans navigateur intégré est purement impensable.

Microsoft se défend
Pour revenir à Microsoft et à sa lettre, son principal argument pour prouver son innocence va être le fait que Windows Internet Explorer pourra être (enfin !) désinstallable sous Windows 7. En revanche, comment vont-ils répondre à la CE qui avait dit que : « la vente liée d’Internet Explorer avec Windows, qui a pour effet d’équiper d’Internet Explorer 90 % des PC dans le monde, porte préjudice à une concurrence par les mérites entre navigateurs Web concurrents dès lors qu’elle confère à Internet Explorer un avantage artificiel en matière de distribution, avantage que les autres navigateurs Web sont incapables d’offrir« . D’autant que selon Opera Software, à cause du non-respect des standards d’IE, les webmasters sont obligés de se caler sur le moteur de Internet Explorer, aux dépends des autres.
Les sources Le Point, CNET.